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Comment répondre à une demande d'explication
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ObjetRéponse à votre demande d'explication du {dateDemande} : retards constatés à ma prise de poste
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Avant d'envoyer
À utiliser quand les retards sont peu nombreux et que la cause tient en trois lignes. Datez la lettre, rappelez la date de la demande reçue, gardez une copie avant de la remettre et choisissez un mode de remise qui laisse une trace : main propre contre décharge datée et signée, ou lettre recommandée avec accusé de réception. Aucun délai de réponse n'est fixé par le code du travail : celui qu'on vous indique vient de l'organisation interne ou du règlement intérieur, à lire avant de répondre. Mieux vaut ne pas employer les mots faute grave ou faute lourde, ce sont des qualifications que votre lettre n'a pas à introduire.
Ce que dit le code du travail, et ce qu'il ne dit pas
La demande d'explication (parfois appelee demande d'explications ecrites) n'existe nulle part dans le code du travail. Verification faite article par article, le titre consacre au droit disciplinaire (L1331-1 a L1334-1) parle de convocation, d'audition et du fait que l'employeur "recueille les explications du salarie" pendant l'entretien, mais il ne cree jamais d'etape appelee demande d'explication. C'est donc une pratique d'entreprise, parfois organisee par un reglement interieur ou un statut, jamais une obligation legale autonome. Consequence directe : le salarie n'est tenu par aucun texte de repondre, et aucun delai legal de reponse n'existe. Mais attention au piege inverse : ce n'est pas parce qu'une mesure s'appelle "demande d'explication" qu'elle est anodine. L'article L1331-1 juge une mesure a ses effets, pas a son titre, et la Cour de cassation a reconnu le caractere disciplinaire d'une procedure de demande d'explications ecrites lorsque le salarie devait repondre seul et immediatement, qu'un refus valait grief supplementaire et que le compte rendu restait au dossier individuel. Une demande d'explication ne vaut pas convocation a l'entretien prealable et ne dispense pas de celui-ci quand la sanction envisagee l'exige. Elle n'est pas non plus, selon la jurisprudence publiee, l'acte qui engage les poursuites disciplinaires : c'est la convocation a l'entretien prealable qui sert de repere pour le delai de deux mois de l'article L1332-4. En pratique, repondre par ecrit, calmement, en gardant une copie et une preuve de remise (main propre contre decharge ou lettre recommandee avec accuse de reception), reste le reflexe le plus protecteur, meme si la loi ne l'impose pas.
- Le code du travail ne connait pas la "demande d'explication"
- Le titre III consacre au droit disciplinaire va de l'article L1331-1 a l'article L1334-1 : definition de la sanction, interdiction des amendes, garanties de procedure, prescription des faits fautifs, controle du juge, dispositions penales. Aucune de ces dispositions ne cree, ne nomme ni n'encadre une etape appelee demande d'explication. C'est une pratique interne, parfois prevue par un reglement interieur ou un statut d'entreprise, pas une etape imposee par la loi. source
- Le critere qui decide de tout : l'article L1331-1
- Texte exact : "Constitue une sanction toute mesure, autre que les observations verbales, prise par l'employeur a la suite d'un agissement du salarie considere par l'employeur comme fautif, que cette mesure soit de nature a affecter immediatement ou non la presence du salarie dans l'entreprise, sa fonction, sa carriere ou sa remuneration." Une demande d'explication se juge donc a ses effets reels, jamais a son intitule. Le mot choisi par l'employeur ne lie pas le juge. source
- Une demande d'explication peut basculer en sanction deguisee
- Dans un arret publie du 19 mai 2015 (pourvoi 13-26.916), la Cour de cassation a casse une decision qui voyait dans la demande d'explications ecrites de La Poste une simple mesure d'instruction : la cour d'appel "devait en deduire le caractere disciplinaire de cette mesure". Les elements retenus : la procedure avait ete mise en oeuvre a la suite de faits consideres comme fautifs, le salarie devait "repondre seul et immediatement aux questions qui lui sont posees", "tout refus de s'executer intervenant apres une mise en demeure constitue un grief supplementaire et pourrait a lui seul justifier une sanction", et le proces-verbal etait conserve dans le dossier individuel. C'est une qualification au cas par cas, au vu de ces modalites precises. source
- Aucun texte n'oblige le salarie a repondre
- Le chapitre consacre a la procedure disciplinaire (articles L1332-1 a L1332-5) n'impose au salarie aucune obligation de s'expliquer, par ecrit ou autrement. Toute obligation de repondre ne peut venir que d'une source interne a l'entreprise : reglement interieur, statut, convention collective. C'etait precisement le cas dans l'affaire La Poste. Il faut donc lire le reglement interieur avant de conclure quoi que ce soit. source
- Aucun delai legal de reponse n'existe
- Ni les articles L1332-1 a L1332-5 (partie legislative), ni les articles R1332-1 a R1332-4 (partie reglementaire) ne fixent de delai pour repondre a une demande d'explication. Les seuls delais chiffres du droit disciplinaire portent sur la prescription des faits fautifs, sur la notification de la sanction et sur l'anciennete des sanctions invocables. Un delai indique par l'employeur (48 heures, une semaine) releve de sa propre organisation. source
- La demande d'explication ne remplace pas l'entretien prealable
- L'article L1332-2 dispose : "Lorsque l'employeur envisage de prendre une sanction, il convoque le salarie en lui precisant l'objet de la convocation, sauf si la sanction envisagee est un avertissement ou une sanction de meme nature n'ayant pas d'incidence, immediate ou non, sur la presence dans l'entreprise, la fonction, la carriere ou la remuneration du salarie. [...] Au cours de l'entretien, l'employeur indique le motif de la sanction envisagee et recueille les explications du salarie." Un ecrit demande en amont ne dispense donc pas l'employeur de l'entretien quand la sanction envisagee en exige un. source
- Le salarie doit etre informe par ecrit des griefs
- Article L1332-1, texte exact : "Aucune sanction ne peut etre prise a l'encontre du salarie sans que celui-ci soit informe, dans le meme temps et par ecrit, des griefs retenus contre lui." Une demande d'explication vague, qui ne dit pas clairement ce qui est reproche, ne satisfait pas cette exigence si une sanction suit. source
- Ce qui engage les poursuites disciplinaires, c'est la convocation a l'entretien prealable
- La Cour de cassation raisonne sur la date de convocation a l'entretien prealable pour verifier le respect du delai de deux mois de l'article L1332-4. Elle pose aussi une regle de preuve : "lorsque les faits sanctionnes par le licenciement ont ete commis plus de deux mois avant l'engagement des poursuites, il appartient a l'employeur d'apporter la preuve qu'il n'en a eu connaissance que dans les deux mois ayant precede l'engagement des poursuites" (arret publie du 27 mai 2021, pourvoi 19-16.117). source
- Le delai de deux mois court a compter de la connaissance des faits
- Article L1332-4, texte exact : "Aucun fait fautif ne peut donner lieu a lui seul a l'engagement de poursuites disciplinaires au-dela d'un delai de deux mois a compter du jour ou l'employeur en a eu connaissance, a moins que ce fait ait donne lieu dans le meme delai a l'exercice de poursuites penales." Une demande d'explication datee peut constituer un element de fait sur la date a laquelle l'employeur connaissait les faits, mais c'est au juge d'apprecier, au vu de l'ensemble du dossier. source
- L'employeur qui sanctionne epuise son pouvoir disciplinaire sur les faits connus
- Dans un arret publie du 25 septembre 2013 (pourvoi 12-12.976), la Cour de cassation juge que l'employeur qui connait plusieurs faits fautifs et choisit de n'en sanctionner que certains epuise son pouvoir disciplinaire : il ne peut pas ensuite prononcer une nouvelle mesure pour d'autres faits anterieurs a cette premiere sanction. L'arret retient egalement la date de convocation a l'entretien prealable comme point d'engagement des poursuites disciplinaires. source
- Les moyens surs pour un ecrit : decharge ou lettre recommandee
- Le code du travail encadre les envois de l'employeur, pas ceux du salarie. Article R1332-1 : la lettre de convocation "est soit remise contre recepisse, soit adressee par lettre recommandee, dans le delai de deux mois fixe a l'article L. 1332-4". Article R1332-2 : "La sanction prevue a l'article L. 1332-2 fait l'objet d'une decision ecrite et motivee. La decision est notifiee au salarie soit par lettre remise contre recepisse, soit par lettre recommandee, dans le delai d'un mois prevu par l'article L. 1332-2." Reprendre ces deux memes moyens pour sa reponse (remise en main propre contre decharge datee et signee, ou lettre recommandee avec accuse de reception) permet de prouver que la reponse a bien ete remise et a quelle date. source
- Le salarie n'est pas oblige de se presenter a l'entretien prealable
- Service-Public l'ecrit noir sur blanc : "Le salarie n'est pas oblige de se presenter a l'entretien. Si le salarie ne se presente pas, l'employeur pourra malgre tout poursuivre la procedure." La meme page precise que "la loi n'impose pas de delai a respecter entre la reception de la convocation a l'entretien et la tenue de cet entretien" pour une sanction disciplinaire, et que la lettre "doit preciser que le salarie peut se faire assister par une personne de son choix, appartenant a l'entreprise". source
- Les observations verbales ne sont pas des sanctions
- L'article L1331-1 exclut expressement les observations verbales de la definition de la sanction, et Service-Public le reprend : "Les observations verbales ne sont pas des sanctions disciplinaires." Une remarque orale de la hierarchie ne declenche donc pas, a elle seule, la procedure disciplinaire. Mais l'exclusion vise l'oral : un ecrit demande au salarie change de nature. source
- Deux sanctions pour les memes faits, c'est interdit
- Service-Public rappelle que l'employeur ne peut pas sanctionner deux fois les memes faits. C'est exactement l'enjeu lorsqu'une demande d'explication est requalifiee en sanction : la mesure prononcee ensuite pour les memes faits devient contestable. La meme page indique aussi qu'"il est interdit a l'employeur de decider une amende ou toute autre sanction financiere". source
- Dans les entreprises d'au moins vingt salaries, la sanction doit figurer au reglement interieur
- Arret publie du 23 mars 2017 (pourvoi 15-23.090) : "une sanction disciplinaire autre que le licenciement ne peut etre prononcee contre un salarie par un employeur employant habituellement au moins vingt salaries que si elle est prevue par le reglement interieur". Le reglement interieur est donc a lire deux fois : pour savoir si une obligation de repondre y figure, et pour verifier que la sanction envisagee y est prevue. source
- Le conseil de prud'hommes controle, et le doute profite au salarie
- Article L1333-1 : "En cas de litige, le conseil de prud'hommes apprecie la regularite de la procedure suivie et si les faits reproches au salarie sont de nature a justifier une sanction." L'employeur fournit les elements retenus, le conseil peut ordonner des mesures d'instruction, et si un doute subsiste il profite au salarie. Article L1333-2 : "Le conseil de prud'hommes peut annuler une sanction irreguliere en la forme ou injustifiee ou disproportionnee a la faute commise." Article L1333-3 : ces dispositions ne s'appliquent pas lorsque la sanction contestee est un licenciement. source
- La mise a pied conservatoire n'exonere pas de la procedure
- Article L1332-3, texte exact : "Lorsque les faits reproches au salarie ont rendu indispensable une mesure conservatoire de mise a pied a effet immediat, aucune sanction definitive relative a ces faits ne peut etre prise sans que la procedure prevue a l'article L. 1332-2 ait ete respectee." Une demande d'explication accompagnee d'une mise a l'ecart immediate ne dispense donc de rien. source
Les pièces généralement demandées
- La demande d'explication elle-meme, avec son enveloppe, son cachet ou le recepisse date de sa remise
- Le reglement interieur de l'entreprise (seule source pouvant creer une obligation de repondre, et condition de validite des sanctions dans les entreprises d'au moins vingt salaries)
- La convention collective applicable et, le cas echeant, le statut du personnel
- Le contrat de travail et ses avenants
- Une copie datee et signee de votre reponse, conservee avant l'envoi
- La preuve de remise de votre reponse : decharge datee et signee, ou accuse de reception postal
- Les echanges ecrits relatifs aux faits reproches : courriels, messages, plannings, comptes rendus, ordres de mission
- Les temoignages ecrits de collegues, dates et signes
- Les courriers disciplinaires anterieurs (avertissements, blames, rappels a l'ordre) pour verifier la regle des trois ans de l'article L1332-5
- Les entretiens d'evaluation et tout element retracant votre parcours dans l'entreprise
- Une chronologie ecrite des faits, avec les dates auxquelles l'employeur a pu en avoir connaissance (utile pour le delai de deux mois de l'article L1332-4)
Cette page rassemble ce que disent les sources officielles citées, et rien de plus. Elle ne remplace pas un conseil juridique, et un cas particulier peut appeler une réponse différente. Les liens ci-dessus mènent au texte d'origine, à lire avant toute décision qui vous engage.
Les sources
- Code du travail, article L1331-1 (definition de la sanction disciplinaire)
- Code du travail, articles L1332-1 a L1332-3 (garanties de procedure)
- Code du travail, article L1332-2 (convocation, entretien, delais de notification)
- Code du travail, article L1332-3 (mise a pied conservatoire)
- Code du travail, article L1332-4 (prescription de deux mois des faits fautifs)
- Code du travail, article L1332-5 (sanction anterieure de plus de trois ans)
- Code du travail, articles R1332-1 a R1332-3 (forme et moyen de la convocation et de la notification)
- Code du travail, articles L1333-1 a L1333-3 (controle du conseil de prud'hommes)
- Code du travail, titre III Droit disciplinaire (L1331-1 a L1334-1), vue d'ensemble
- Code du travail, chapitre II Procedure disciplinaire (L1332-1 a L1332-5)
- Service-Public, Sanctions disciplinaires d'un salarie du secteur prive (fiche F2234, verifiee le 7 mai 2025)
- Cour de cassation, chambre sociale, 19 mai 2015, pourvoi 13-26.916, publie au bulletin (caractere disciplinaire d'une procedure de demande d'explications ecrites)
- Cour de cassation, chambre sociale, 27 mai 2021, pourvoi 19-16.117, publie au bulletin (charge de la preuve de la date de connaissance des faits)
- Cour de cassation, chambre sociale, 25 septembre 2013, pourvoi 12-12.976, publie au bulletin (epuisement du pouvoir disciplinaire, engagement des poursuites)
- Cour de cassation, chambre sociale, 23 mars 2017, pourvoi 15-23.090, publie au bulletin (sanction et reglement interieur, entreprises d'au moins vingt salaries)
Questions fréquentes
Une demande d'explication, est-ce une sanction disciplinaire ?
Pas automatiquement, et pas jamais non plus. L'article L1331-1 dit que constitue une sanction toute mesure, autre que les observations verbales, prise a la suite d'un agissement juge fautif et de nature a affecter votre presence dans l'entreprise, votre fonction, votre carriere ou votre remuneration. Ce sont donc les effets qui comptent, pas le titre du courrier. La Cour de cassation a reconnu le caractere disciplinaire d'une procedure de demande d'explications ecrites parce que le salarie devait repondre seul et immediatement, qu'un refus apres mise en demeure valait grief supplementaire et que le compte rendu restait au dossier individuel.
Suis-je oblige de repondre ?
Le code du travail ne vous y oblige pas et ne prevoit aucune sanction pour un silence. Deux choses comptent malgre tout. D'abord ce que dit le reglement interieur de votre entreprise, qui peut creer une obligation interne. Ensuite le fait pratique que votre silence laisse l'employeur seul a raconter les faits. Repondre calmement et par ecrit est souvent plus protecteur que se taire, mais c'est votre choix, pas une obligation legale.
Combien de temps ai-je pour repondre ?
Aucun delai n'est fixe par la loi. Si votre employeur vous en donne un, il vient de son organisation interne ou du reglement interieur, pas du code du travail. Rien ne vous empeche de demander par ecrit un delai supplementaire raisonnable en expliquant pourquoi, par exemple pour retrouver des documents.
Que se passe-t-il si je ne reponds pas du tout ?
Aucun texte ne dit que le silence vaut aveu, ni qu'il constitue en soi une faute. Mais si votre reglement interieur impose de repondre, le refus peut etre analyse comme un manquement a une regle interne, et c'est exactement ce qui s'est joue dans l'affaire La Poste tranchee le 19 mai 2015. Verifiez donc votre reglement interieur avant de decider. Et gardez a l'esprit que le juge, en cas de litige, appreciera l'ensemble du dossier.
Faut-il repondre par ecrit, et par quel moyen ?
La loi n'impose rien au salarie sur ce point. En pratique, choisissez un moyen qui laisse une trace : remise en main propre contre decharge datee et signee, ou lettre recommandee avec accuse de reception. Ce sont les deux moyens que le code du travail retient lui-meme pour les courriers de l'employeur, aux articles R1332-1 et R1332-2. Gardez toujours une copie de ce que vous envoyez, avant de l'envoyer.
Une demande d'explication annonce-t-elle forcement une sanction ?
Non, elle peut rester sans suite. Mais si l'employeur envisage une sanction, l'article L1332-2 lui impose de vous convoquer en precisant l'objet de la convocation, sauf s'il s'agit d'un avertissement ou d'une sanction de meme nature sans incidence sur votre presence dans l'entreprise, votre fonction, votre carriere ou votre remuneration.
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