Oui, une démission peut ouvrir droit au chômage, à trois conditions
Démissionner pour changer de métier n'empêche pas de toucher l'allocation chômage (ARE). Selon Service-public (fiche vérifiée le 1er avril 2025), il faut être en CDI de droit privé, justifier d'au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois et porter un projet reconnu « réel et sérieux » par la commission Transitions Pro de sa région.
Ces jours peuvent venir de plusieurs employeurs, hors congés sans solde ou sabbatiques. France Travail en exclut les CDD, l'intérim, les agents publics et les travailleurs indépendants.
Le projet doit passer par une formation pouvant déboucher sur un emploi, ou par la création ou la reprise d'une entreprise, selon France Travail. Le type de futur employeur n'est pas un critère cité : un projet vers une association ou un métier du soin peut être présenté. Selon Service-public, une démission pour un service civique ou un volontariat associatif d'au moins un an peut aussi être jugée légitime.
Les étapes, dans l'ordre, avant de remettre sa lettre
D'abord, demander un conseil en évolution professionnelle (CEP) avant de démissionner : France Travail précise qu'une demande faite après rend le projet irrecevable. Il est assuré par l'Apec pour les cadres, Cap emploi pour les personnes handicapées et des opérateurs régionaux désignés par France Compétences.
Ensuite, envoyer le dossier à la commission Transitions Pro du lieu de résidence ou de travail. Selon le site Démission-reconversion du ministère du Travail (mis à jour en avril 2025), elle a 2 mois après réception d'un dossier complet ; son silence vaut attestation favorable, et un refus ouvre un recours gracieux de 2 mois.
Enfin, démissionner seulement après la décision : Service-public prévient qu'une démission avant validation prive de l'allocation. Notre modèle de lettre de démission peut servir de base. France Travail laisse ensuite 6 mois après la notification pour s'inscrire : notre outil de calcul d'un délai donne la date limite.
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Une fois les droits ouverts, vous êtes indemnisé comme n'importe quel demandeur d'emploi, indique Service-public. Le plafond de 15 mois instauré en septembre 2026 ne vise, selon l'Unédic, que la rupture conventionnelle individuelle.
L'allocation remplace un salaire mais ne paie pas la formation, rappelle le ministère du Travail, qui précise qu'une formation plus longue que les droits au chômage n'est pas interdite.
France Travail contrôle la mise en œuvre du projet dans les 6 mois suivant l'ouverture des droits. Sans démarches réelles, la sanction est une radiation de 4 mois et la suppression de 4 mois d'allocation.
Rupture conventionnelle et PTP : les deux autres portes
La rupture conventionnelle n'exige pas cinq ans d'activité, mais l'accord de l'employeur. Selon Service-public (fiche vérifiée le 26 juin 2026), aucune partie ne peut l'imposer et l'employeur n'est pas tenu de répondre. Il faut au moins un entretien, un délai de rétractation de 15 jours calendaires, à compter entre deux dates, puis 15 jours ouvrables d'instruction. L'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement.
L'Unédic (fiche mise à jour le 7 octobre 2026) exige 130 jours ou 910 heures travaillés sur 24 mois, 36 mois dès 55 ans. Pour une fin de contrat à partir du 1er septembre 2026, l'indemnisation est plafonnée à 15 mois avant 55 ans et à 20,5 mois ensuite, prolongeable après 55 ans.
Le projet de transition professionnelle (PTP) permet de se former sans démissionner, grâce à un congé rémunéré. Selon Service-public (fiche vérifiée le 1er juin 2026), il faut en CDI 2 ans d'activité dont 1 an dans l'entreprise, et prévenir l'employeur 120 jours avant une formation à temps plein d'au moins 6 mois, 60 jours sinon. L'employeur a 30 jours pour répondre, son silence vaut accord, et il peut reporter le départ de 9 mois au plus.
Le salaire est maintenu à 100 % s'il ne dépasse pas 2 Smic (3 734,04 €) ; au-dessus, il est versé à 90 % la première année, puis à 60 %, selon Service-public. Transitions Pro prévient que toutes les demandes ne peuvent pas être financées : la commission applique des priorités (niveau de qualification, taille de l'entreprise, métier qui recrute).
Les trois voies côte à côte
Ce tableau résume les règles publiées par Service-public, l'Unédic, France Travail et le ministère du Travail, en vigueur en octobre 2026.
| Voie | Condition principale | Revenu pendant le projet | Démarche clé |
|---|---|---|---|
| Démission pour reconversion | CDI et 1 300 jours travaillés sur 60 mois | ARE de droit commun | CEP, avis Transitions Pro sous 2 mois, inscription sous 6 mois |
| Rupture conventionnelle | CDI et accord de l'employeur | ARE plafonnée à 15 mois avant 55 ans | Entretien, rétractation de 15 jours, homologation en 15 jours ouvrables |
| Projet de transition professionnelle | 2 ans d'activité dont 1 an dans l'entreprise (CDI) | 100 % du salaire s'il ne dépasse pas 3 734,04 €, sinon 90 % puis 60 % | Demande à l'employeur 120 ou 60 jours avant, dossier Transitions Pro |
| Démission sans projet validé | Aucune | Pas d'ARE, réexamen possible après 121 jours | Demande à l'instance paritaire régionale |
Le CPF, à mobiliser en surveillant le budget 2027
Le compte personnel de formation (CPF) peut financer les cours. Selon Mon compte formation (2 octobre 2026), le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre, prévoit, selon les cas, une majoration de la participation forfaitaire pour les formations validées depuis le 2 octobre 2026, avec un complément pouvant atteindre 200 € à régler en 2027.
Ce texte n'est pas voté au 15 octobre 2026. Mon compte formation annonce hors majoration les secteurs prioritaires (dont le médico-social et la transition écologique), la plupart des formations cofinancées d'au moins 150 € et les demandeurs d'emploi ; le PTP relève d'un financement distinct. Si vous validez une formation avant de démissionner, vérifiez ces règles.
Ce qui peut changer
Le reste à charge du CPF dépendra de la loi de finances pour 2027, présentée le 1er octobre 2026 et pas encore votée. Les règles d'assurance chômage, issues de la convention du 15 novembre 2024 et de ses avenants, peuvent encore évoluer par une nouvelle négociation ou une loi.
Information générale, à jour au 15 octobre 2026. Avant de démissionner ou de signer une rupture conventionnelle, faites vérifier votre situation par un conseiller en évolution professionnelle et par France Travail (0 801 01 03 02, appel gratuit).
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