Droits

Trop-perçu de la CPAM : 2 ans de prescription, 2 mois pour contester

Hors fraude ou fausse déclaration, l'Assurance maladie dispose de deux ans à compter du paiement pour réclamer des indemnités journalières versées à tort, selon l'article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale. Pour contester, Service-public.fr (fiche vérifiée le 28 septembre 2026) fixe un délai de 2 mois devant la commission de recours amiable, étape obligatoire avant le tribunal.

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Façade du bâtiment de la caisse primaire d'assurance maladie de Charleville-Mézières, dans les Ardennes
Photo : François GOGLINS, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L'essentiel : un remboursement encadré par des délais

Une somme versée à tort par l'Assurance maladie, appelée indu ou trop-perçu, doit en principe être remboursée, mais dans un cadre précis. Hors fraude ou fausse déclaration, la caisse a deux ans à compter du paiement pour agir, selon l'article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale, cité par le Défenseur des droits en 2023. Vous disposez de 2 mois après la notification pour saisir la commission de recours amiable, indique Service-public.fr (fiche vérifiée le 28 septembre 2026). Si la dette est fondée, vous pouvez demander un échéancier ou une remise.

La demande peut viser des indemnités journalières, une pension d'invalidité, des remboursements de soins ou la complémentaire santé solidaire. Pour l'assurance maladie, l'article L. 133-4-1 du même code prévoit que la caisse récupère l'indu auprès de l'assuré, en un ou plusieurs versements ou par retenue sur les prestations à venir, « en fonction de la situation sociale du ménage ».

Vérifier la notification avant de payer

Dans son rapport du 23 avril 2026 sur la fraude aux prestations sociales, le Défenseur des droits rappelle que les organismes doivent motiver leurs décisions en fait et en droit et indiquer les voies et délais de recours. Contrôlez la prestation en cause, la période, le montant, le motif et le calcul.

Regardez les dates de paiement : hors fraude, les sommes versées plus de deux ans avant la demande de la caisse ne devraient pas y figurer. Vérifiez aussi si le courrier évoque une fraude ou une fausse déclaration : le même rapport relève que les organismes n'informent pas toujours les personnes qu'un délai allongé leur est appliqué.

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Deux ans en principe, cinq ans en cas de fraude

Selon le rapport 2026 du Défenseur des droits, la prescription de deux ans passe à cinq ans en cas de fraude ou de fausse déclaration. Ce délai court à partir de la découverte de la fraude, précise le Défenseur des droits dans une décision du 8 septembre 2023. Il y rapporte que, pour les pensions de vieillesse et d'invalidité, la Cour de cassation (assemblée plénière, 17 mai 2023, n° 20-20.559) permet alors à la caisse de récupérer les sommes payées sur les vingt années précédant son action.

La fraude suppose une intention. Depuis la loi « ESSOC » du 10 août 2018, rappelle le Défenseur des droits en 2026, elle exige la mauvaise foi : une erreur ou un oubli ne suffit pas. Si elle est retenue, l'assuré s'expose à une pénalité, à une indemnité de 10 % des sommes indûment versées et perd la possibilité de demander une remise.

Les recours et leurs délais

Ce tableau reprend les délais publiés par Service-public.fr en 2025 et 2026, et par le Défenseur des droits en 2023 pour la contrainte.

DémarcheDélai pour agirAuprès de quiEffet
Commission de recours amiable2 mois après la notificationCRA de votre caisse, de préférence en recommandé avec ARObligatoire avant le tribunal ; sans réponse en 2 mois, demande rejetée
Médiateur de l'Assurance maladieAprès une réclamation sans succèsCompte ameli ou courrier à votre caisseGratuit ; délai de recours suspendu s'il prend le dossier
Défenseur des droitsAprès une démarche amiableEn ligne, courrier gratuit ou délégué localGratuit ; ne suspend pas les délais de recours
Pôle social du tribunal judiciaire2 mois après la décision de la CRA ou son silenceTribunal de votre domicileVenir seul possible ; aide juridictionnelle sous conditions
Cour d'appel (litige de plus de 5 000 €)1 mois après le jugementChambre sociale de la cour d'appelAvocat non obligatoire
Cour de cassation (litige de moins de 5 000 €)2 mois après le jugementCour de cassationAvocat spécialisé obligatoire
Opposition à une contrainte15 joursJuridiction indiquée sur la contrainteSans opposition, effets d'un jugement

La commission statue sur pièces, sans vous convoquer : joignez tous vos justificatifs. L'outil calcul d'un délai vous donne la date limite. Avant de compter sur la suspension liée à la médiation, attendez la confirmation que le médiateur prend votre dossier.

Échéancier, remise de dette et retenues

Si la dette est fondée mais trop lourde, demandez par écrit un échéancier, budget à l'appui. Le Défenseur des droits observe en 2026 que les échéanciers sont souvent calculés sur deux ans, et recommande de les adapter aux capacités de remboursement, quitte à les allonger.

La remise de dette, totale ou partielle, est prévue en cas de précarité par l'article L. 256-4 du Code de la sécurité sociale, sauf fraude. Selon le rapport 2026 du Défenseur des droits, la lettre générique de notification d'indu de l'Assurance maladie ne la mentionne pas, et la demander vaut reconnaissance de la dette : si vous contestez la somme, écrivez-le clairement. Dans une affaire jugée le 7 novembre 2025 par le tribunal judiciaire de Rennes, la commission de recours amiable de la caisse avait accordé une remise totale.

Les retenues ont des limites. Si vous ne choisissez pas un remboursement en un ou plusieurs versements, dans un délai d'au plus douze mois, l'article L. 133-4-1 permet de prélever la dette sur d'autres prestations : retraite, prestations familiales, aides au logement, RSA. Le Défenseur des droits rappelle en 2026 que ces retenues doivent respecter les quotités saisissables, et le tribunal de Rennes a fait rembourser 397 € retenus sur le RSA d'une assurée laissée sous ce minimum. Voyez aussi les aides à demander quand on vit avec 600 euros par mois.

Ce qui peut changer

La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, publiée au Journal officiel du 26 juin 2026, ne modifie pas, dans son texte définitif, les délais de prescription des indus réclamés aux assurés. Elle crée en revanche un privilège qui garantit le paiement des indus aux caisses d'assurance maladie, dont la durée doit être fixée par un décret annoncé pour décembre 2026, selon le baromètre de l'Assemblée nationale.

Information générale, à jour au 15 octobre 2026. Pour un dossier précis, faites-vous aider : ligne Santé Info Droits (01 53 62 40 30, selon Service-public.fr), délégué du Défenseur des droits, association d'aide juridique ou avocat, avec l'aide juridictionnelle sous conditions.

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Sources

  1. Service-public.fr (DILA), Litige administratif avec la caisse d'Assurance maladie, vérifié le 28 septembre 2026
  2. Service-public.fr (DILA), Comment recourir au Médiateur de l'Assurance maladie ?, vérifié le 5 mars 2025
  3. Service-public.fr (DILA), Litige avec l'administration : saisir le Défenseur des droits, vérifié le 29 avril 2026
  4. Défenseur des droits, La lutte contre la fraude aux prestations sociales à l'ère de son industrialisation, rapport publié le 23 avril 2026
  5. Défenseur des droits, Décision n° 2023-207 du 14 novembre 2023 relative au recouvrement d'un indu d'indemnités journalières par une CPAM (cite les articles L. 332-1, L. 133-4-1 et L. 161-1-5 du Code de la sécurité sociale)
  6. Défenseur des droits, Décision n° 2023-088 du 8 septembre 2023 relative à la qualification de fraude et aux modalités de recouvrement d'un indu (cite Cass. ass. plén., 17 mai 2023, n° 20-20.559)
  7. Tribunal judiciaire de Rennes, pôle social, jugement du 7 novembre 2025 relatif à la contestation du recouvrement d'un indu, publié par le Défenseur des droits
  8. Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026) et baromètre de son application, consulté le 15 octobre 2026

Sources consultées le 15 octobre 2026. Une erreur ? Écrivez-nous : nous corrigeons et le signalons (voir notre politique de correction).

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Questions fréquentes

La CPAM peut-elle réclamer des indemnités journalières versées il y a trois ans ?

Hors fraude ou fausse déclaration, non : l'article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale, cité par le Défenseur des droits en 2023, limite l'action de la caisse à deux ans à compter du paiement. En cas de fraude, le Défenseur des droits indique dans son rapport d'avril 2026 que la prescription passe à cinq ans.

Demander une remise de dette, est-ce reconnaître la dette ?

Oui, selon le rapport du Défenseur des droits du 23 avril 2026. Si vous contestez le bien-fondé de la somme, saisissez la commission de recours amiable dans les 2 mois et dites-le clairement. La remise, prévue en cas de précarité, est exclue en cas de fraude.

La caisse peut-elle prélever la dette sur mes autres prestations ?

Oui, l'article L. 133-4-1 du Code de la sécurité sociale le permet, notamment sur une retraite, des prestations familiales, des aides au logement ou le RSA. Le Défenseur des droits rappelle en 2026 que ces retenues doivent respecter les quotités saisissables, et un jugement du tribunal judiciaire de Rennes du 7 novembre 2025 a sanctionné des retenues qui laissaient une assurée sous le niveau du RSA.

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Julien Jimenez

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