Comment la pension de base est-elle revalorisée chaque 1er janvier ?
La règle figure dans le code de la sécurité sociale, aux articles L. 161-23-1 et L. 161-25. Chaque 1er janvier, les pensions des régimes de base sont revalorisées en fonction de l'évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac mesurée par l'Insee. La hausse vaut pour toutes les pensions de base, versées notamment par la Cnav, les Carsat et la MSA.
La loi de financement de la Sécurité sociale peut toutefois y déroger, et le débat sur 2026 l'a montré. Le projet initial prévoyait de geler toutes les pensions de base à leur niveau de 2025. Les députés ont supprimé cette mesure, et la loi définitivement adoptée le 16 décembre 2025 ne comporte aucun gel.
Les pensions de base ont donc progressé de 0,9 % au 1er janvier 2026, selon l'instruction interministérielle du 15 décembre 2025. Les sources officielles consultées concordent : le taux est le même quel que soit le montant de la pension. La pension de réversion, l'allocation veuvage et l'Aspa ont elles aussi été revalorisées au 1er janvier.
Pourquoi la retraite complémentaire Agirc-Arrco n'a-t-elle pas bougé ?
La complémentaire des salariés du privé obéit à d'autres règles. Elle se calcule en points : le nombre de points acquis pendant la carrière est multiplié par la valeur de service du point. Celle-ci est fixée par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco, où siègent syndicats et organisations patronales, avec une revalorisation au 1er novembre et non au 1er janvier.
Pour 2024 à 2026, l'accord du 5 octobre 2023 retient l'inflation hors tabac prévue par l'Insee pour l'année en cours, moins 0,4 point, avec une marge de 0,4 point au plus pour le conseil, à la hausse comme à la baisse. En 2025, avec une prévision de 1 %, la hausse pouvait donc aller de 0,2 % à 1 %.
Le 17 octobre 2025, faute d'accord entre les représentants des salariés et des employeurs, aucune hausse n'a été votée. La valeur du point est restée à 1,4386 euro au 1er novembre 2025, et sa valeur d'achat n'a pas changé au 1er janvier 2026. Une complémentaire de 500 euros bruts par mois en octobre 2025 est donc toujours de 500 euros bruts.
Pour le 1er novembre 2026, aucune décision n'était publiée au 13 octobre 2026 dans les actualités de l'Agirc-Arrco : le taux n'est pas connu à cette date. Selon la presse spécialisée, le conseil d'administration doit se prononcer le 14 octobre 2026. La mensualité de novembre est versée d'avance, le lundi 2 novembre 2026, et c'est elle qui portera la valeur du point en vigueur au 1er novembre.
À lire aussi
Vendre sa maison pour redevenir locataire à la retraite : le calcul, les risques et les autres optionsMinimum vieillesse et minimum contributif : quels montants en 2026 ?
L'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), le minimum vieillesse, garantit depuis le 1er janvier 2026 jusqu'à 1 043,59 euros par mois à une personne seule, et 1 620,18 euros par mois à un couple dont les deux membres la perçoivent. Elle est accessible en principe dès 65 ans, et ses bénéficiaires ne paient ni CSG, ni CRDS, ni Casa. Pour les budgets les plus serrés, notre guide pour vivre avec 600 euros par mois à la retraite recense les aides à demander.
Le minimum contributif relève une pension de base trop faible lorsque la retraite est versée à taux plein. Au 1er janvier 2026, il atteint 756,29 euros bruts par mois, et jusqu'à 903,93 euros pour un assuré parti avant 67 ans après avoir cotisé tous les trimestres exigés. Au-delà de 120 trimestres cotisés, il est majoré selon la proportion de trimestres cotisés.
Ces montants, en hausse de 1,18 %, valent pour les retraites liquidées en 2026. Ceux qui touchaient déjà le minimum contributif ont eu, comme les autres retraités, 0,9 %. Le dispositif est réduit si le total des pensions personnelles dépasse un plafond, fixé à 1 410,89 euros bruts par mois au 1er janvier 2026. Le détail figure dans notre article sur l'Aspa et le minimum contributif en cas de carrière incomplète.
Combien la hausse rapporte-t-elle vraiment chaque mois ?
Prenons trois retraités fictifs du privé, seuls, avec une part fiscale, en métropole. Les montants sont illustratifs. La pension de base augmente de 0,9 %, la complémentaire ne bouge pas, puis on retire les prélèvements sociaux. Leur taux dépend du revenu fiscal de référence de 2024, inscrit sur l'avis d'imposition 2025 ; le taux médian ou normal ne s'applique que si le plafond du taux réduit a été franchi deux années de suite. Pour une part : aucune CSG jusqu'à 13 048 euros ; taux réduit de 3,8 %, soit 4,3 % avec la CRDS, jusqu'à 17 057 euros ; taux médian de 6,6 %, soit 7,4 % avec CRDS et Casa, jusqu'à 26 472 euros ; taux normal de 8,3 %, soit 9,1 %, au-delà. Pour deux parts, les seuils passent à 20 016, 26 167 et 40 604 euros.
Premier cas : 800 euros de base et 250 euros de complémentaire, au taux zéro. La base passe à 807,20 euros, soit 7,20 euros de plus par mois, sans prélèvement, et 86,40 euros sur l'année. Deuxième cas : 1 200 euros de base et 500 euros de complémentaire, au taux médian. La base gagne 10,80 euros bruts, soit 10,00 euros nets après 7,4 % de prélèvements, environ 120 euros par an.
Troisième cas : 1 600 euros de base et 1 000 euros de complémentaire, au taux normal. La hausse atteint 14,40 euros bruts et 13,09 euros nets après 9,1 %, environ 157 euros par an. Rapportée à la pension totale, la hausse brute n'est que de 0,69 %, 0,64 % et 0,55 % selon le cas : plus la complémentaire pèse lourd, plus l'écart avec le taux affiché se creuse.
L'Insee a mesuré 0,9 % d'inflation en moyenne en 2025, hors tabac comme tabac compris : la base a suivi, pas la pension totale. En 2026, les prix accélèrent : 3,0 % sur un an en septembre selon l'estimation provisoire de l'Insee, avec une énergie en hausse de 21,2 %. À titre d'ordre de grandeur, 1 500 euros de dépenses mensuelles qui renchérissent de 3 % coûtent 45 euros de plus par mois.
Quand la hausse apparaît-elle sur le relevé, et que faire en cas d'erreur ?
Au régime général, la pension d'un mois est versée le 9 du mois suivant, ou le premier jour ouvré précédent ou suivant si le 9 tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié. La hausse de janvier 2026 est donc arrivée avec le virement du 9 février 2026. À la caisse d'Alsace-Moselle, qui paie le 1er du mois, elle a été versée le 2 février avec un rappel pour janvier. Prochaine échéance : le 9 novembre 2026, pour la pension d'octobre.
L'Agirc-Arrco paie d'avance, le premier jour ouvré du mois : jeudi 1er octobre 2026, puis lundi 2 novembre. Le net peut aussi varier avec un changement de taux de CSG ou du taux de prélèvement à la source, actualisé en septembre 2026 selon l'Agirc-Arrco.
Pour vérifier, le compte retraite du site info-retraite.fr permet de retrouver ses dates de paiement, quel que soit le régime, et donne les coordonnées de chaque caisse dans la rubrique « Mes régimes de retraite ». L'espace personnel de l'Assurance retraite affiche les trois derniers paiements et le montant déclaré au fisc.
En cas d'écart, commencez par une réclamation : à l'Assurance retraite, via « Ma messagerie » puis « Transmettre mon formulaire », ou par courrier à votre caisse régionale. Le 3960 répond aux questions. Pour contester une décision, comme le montant notifié, il faut saisir la commission de recours amiable dans les deux mois, puis le tribunal judiciaire. Le médiateur de la caisse régionale peut ensuite être saisi, au plus tard six mois après la réclamation, pour la seule retraite de base. Pour la complémentaire, l'Agirc-Arrco renvoie à ses conseillers, au 0 970 660 660.
Que sait-on de la revalorisation de janvier 2027 ?
La loi de financement pour 2026 a suspendu jusqu'en janvier 2028 le calendrier de relèvement de l'âge légal de départ. Selon le ministère du Travail et des Solidarités, cette suspension est financée en partie par une « moindre revalorisation des pensions de retraite en 2027 ».
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres et déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026. D'après le compte rendu de ce Conseil, le gouvernement veut freiner la progression des dépenses de retraite sans diminuer aucune pension, en garantissant la revalorisation intégrale des petites retraites jusqu'à 1 260 euros par mois.
Rien n'est voté : la discussion en séance publique est prévue à partir du 20 octobre 2026 à l'Assemblée, et le texte peut changer au fil de la navette. Dans le texte déposé (article 35), ce seuil s'apprécie sur le total mensuel des pensions de l'assuré au 31 décembre 2026, complémentaires comprises, et seules les pensions de base sont visées. Entre 1 260 et 1 281 euros, la hausse serait réduite ; au-delà, elle serait fixée par décret, entre zéro et l'inflation, et faute de décret ces pensions ne seraient pas revalorisées en 2027. Le sort des pensions supérieures à 1 260 euros dépendra de la version adoptée. Côté complémentaire, l'accord Agirc-Arrco de 2023 couvre 2024 à 2026, et les sources officielles consultées ne précisent pas la règle qui s'appliquera ensuite.
Cet article vous a-t-il aidé ?

