Comment repérer les tics d'écriture d'un texte généré ?
Collez votre texte : les tournures repérées sont surlignées et numérotées, et chacune est expliquée plus bas avec une piste de réécriture. Décochez une famille pour l'ignorer, et cliquez sur « Sélectionner dans le texte » pour retrouver le passage dans la zone d'écriture.
Le détecteur s'appuie sur une liste de 36 tournures réparties en 10 familles, écrite à la main à partir de formules souvent relevées dans les textes produits par des outils de génération en français, et dans beaucoup de textes humains calibrés pour les réseaux. Tout se passe dans votre navigateur : rien n'est envoyé, aucune IA n'intervient. Outil indépendant, sans lien avec LinkedIn.
Un détecteur peut-il prouver qu'un texte a été écrit par une IA ?
Non, et celui-ci ne le prétend pas. Un tic n'est pas une preuve : « Il est important de noter que » ou « En conclusion » figurent dans des copies, des rapports et des courriers écrits bien avant les outils de génération. À l'inverse, un texte généré puis relu peut ne contenir aucune de ces formules. Aucun outil ne peut prouver qu'un texte a été généré ; c'est pourquoi celui-ci n'affiche ni pourcentage, ni probabilité, ni verdict.
Ce que l'outil mesure est plus modeste et plus utile : la présence de formules toutes faites qui affaiblissent un texte, quelle que soit son origine. Ne vous en servez pas pour accuser quelqu'un, un élève ou un candidat par exemple : un nombre élevé de tournures repérées dit seulement que le texte gagnerait à être retravaillé.
Quelles sont les tournures typiques des textes générés en français ?
Voici les 10 familles cherchées, avec un exemple de chacune. La plupart de ces formules ne sont pas fautives : c'est leur accumulation, ou leur emploi à la place d'une information précise, qui donne au texte un air générique.
| Famille | Exemples repérés | Pourquoi cela sonne creux |
|---|---|---|
| Ouvertures et annonces | Dans un monde en constante évolution ; Plongeons dans ; Voici pourquoi | Le décor ou l'annonce retarde l'information |
| Formules creuses | Il est important de noter que ; joue un rôle clé ; une multitude de | On affirme l'importance au lieu de la montrer |
| Questions mises en scène | Et si... ? ; Le résultat ? ; Pourquoi ? | Le suspense est fabriqué, la réponse suit aussitôt |
| Structures en balancier | Ce n'est pas X, c'est Y ; Bien plus qu'un outil | On réfute une idée que personne n'a avancée |
| Connecteurs en cascade | De plus, Ainsi, Par ailleurs (à partir de 3) ; En conclusion | Ton de dissertation, liens parfois artificiels |
| Superlatifs et grands mots | révolutionnaire ; changer la donne ; pierre angulaire ; booster | L'intensité remplace la preuve |
| Anglicismes de bureau | mindset ; insights ; feedback ; process | Un équivalent français est souvent plus clair |
| Fausses confidences | Soyons honnêtes ; Ce que personne ne vous dit ; C'est là que tout change | La franchise ou la révélation est annoncée, pas montrée |
| Appels et formules de fin | Et vous, qu'en pensez-vous ? ; N'hésitez pas à ; Abonnez-vous pour | Formule figée, sans prise précise pour répondre |
| Rythme et typographie | émojis en tête de ligne (à partir de 3) ; tiret long ; Simple. Efficace. ; simple, rapide et efficace | La mise en forme se répète d'un texte à l'autre |
Comment fonctionne le détecteur de tics ?
Chaque tournure est décrite par un motif de recherche qui tolère les majuscules, l'apostrophe droite ou courbe et les conjugaisons courantes, et qui ne se déclenche que sur des mots entiers. Certaines formules ne sont signalées qu'en série, parce qu'une seule occurrence n'a rien de suspect : trois connecteurs en tête de phrase, trois adverbes d'intensité, trois lignes commençant par un émoji ou une flèche, deux phrases d'un seul mot. Le rythme ternaire n'est retenu que si au moins deux des trois mots ont l'allure d'un adjectif. Quand deux tournures se chevauchent, seule la première est surlignée.
Exemple : le texte proposé au chargement, un faux post de 14 lignes, fait ressortir 15 tournures dans 8 familles, dont les trois émojis en tête de ligne, « Le résultat ? », « Ce n'est pas une méthode, c'est » et « Et vous, qu'en pensez-vous ? ». À l'inverse, une phrase factuelle comme « Hier, j'ai livré le site d'une boulangerie de Lyon. Le client voulait une page de commande simple. » n'en fait ressortir aucune. Les deux textes ne disent pourtant rien de leur auteur : ils diffèrent par leur style, pas par leur origine.
Le tiret long mérite une remarque. Il sert d'incise en anglais et dans une partie de la typographie française, mais son emploi répété dans des posts courts est devenu, à tort ou à raison, l'un des signes que l'on associe aux textes générés. L'outil le signale dès la première occurrence ; à vous de décider s'il a sa place.
Comment réécrire un texte qui sonne généré ?
La piste proposée sous chaque tournure va presque toujours dans le même sens : remplacer une formule par un fait.
- Commencez par ce qui s'est passé, avec un détail précis (une date, un lieu, une phrase entendue), plutôt que par une généralité sur le monde.
- Remplacez chaque superlatif par ce qui le justifie : un chiffre que vous avez mesuré vous-même, un exemple, une comparaison.
- Supprimez les annonces (« Voici pourquoi », « Soyons honnêtes ») et vérifiez que la phrase suivante tient seule.
- Gardez au plus une question mise en scène, et finissez par une question précise, liée au texte, plutôt que par une formule générique.
- Variez le rythme : une liste peut avoir deux ou quatre éléments, et toutes les lignes n'ont pas besoin d'un émoji.
- Relisez à voix haute : une formule que vous ne diriez jamais à l'oral est souvent celle qu'il faut changer.